Fouine (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XII e siècle, faïne, foïne. Issu du latin populaire *fagina (mustela), « (martre) du hêtre ».
1. Mammifère carnassier de la famille des Mustélidés, voisin de la martre, au museau pointu et au corps allongé. La se rencontre dans les campagnes boisées. Expr. Avoir un visage, une tête de , un faciès étroit et une physionomie sournoise. Par méton. Fourrure de cet animal.
2. Fig. et fam. Personne indiscrète, maligne et rusée.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Mammifère carnassier du genre des martres, à museau allongé.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Instrument de fer à deux ou trois fourchons, qu'on met au bout d'une perche et qui sert à élever les gerbes sur le tas.
Il se dit encore d'une Espèce de trident propre à percer de gros poissons.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Nom vulgaire de la martre des hêtres, petit mammifère carnassier du genre des martres.
DANGEAU: « 12 janvier 1685 : Monseigneur alla chasser la et le renard »
BUFF.: « La s'approche des habitations, s'établit même dans les vieux bâtiments, dans les greniers à foin, dans des trous de murailles »
SAINT-SIMON: « L'abbé Dubois était un petit homme maigre, effilé, chafoin, à perruque blonde, à mine de »
    Dans le langage figuré des sauvages de l'Amérique du Nord, un homme qui attaque traîtreusement son ennemi.
CHATEAUBR.: « L'Iroquois n'est pas une , il ne suce pas le sang de l'oiseau qui dort »

 2   La peau fournie par la . Acheter une belle .

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Liv. des mét. 326: Piaus de faine, piaus de chat sauvage, piaus de lubernes, piaus de martrines, piaus de genetes, les VI piaus doivent deux deniers de tonlieu
    XIVème siècle
DU CANGE: « Une houppelande à homme fourrée de faynes »
    XVIème siècle
O. DE SERRES: « Si on mesle parmi la semence, en l'espardant, des cendres de bellete et de foine »
LEROUX DE LINCY: « Au poulailler sont les s »
R. DU TRIEZ: « Les mesmes testes et queues [de loups], attachées à l'entrée du colombier, engardent que les fluynes n'i entrent »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, fouin, putois, ; wallon, fawène ; anc. wallon, fawine ; namur. faiène ; Hainaut, floène, flouène ; provenç. faina ; catal. fagina ; espagn. fuina ; portug. foinha ; ital. faina. Bochart tire ce mot du latin faginus, qui signifie de hêtre (fagina a donné faine, nom du fruit du hêtre), disant que cet animal se plaît dans les hêtres ; et en effet, la se nomme martre des hêtres. Au contraire, Diez, suivant Adelung, le tire de l'allemand Fehe, sorte de martre, lequel vient de l'anglo-saxon fâg, fâh, de couleur variée, brillant ; gothique, fáih. La forme primitive étant faine, c'est l'étymologie de Bochart qui paraît préférable.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Instrument de fer dont on se sert pour soulever et empiler les gerbes.

 2   Trident ou fourche à plusieurs branches pointues ou barbelées qu'on lance à certains gros poissons dont on veut se faire une proie, JAL., La a un manche auquel est attachée une cordelette au moyen de laquelle on la retire à bord.
    La sert aussi dans les rivières pour pêcher au feu ; c'est une fourche en fer, habituellement à trois dents, emmanchée de bois.
    On dit aussi en ce sens foène et fouane.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
     Modus, ms. f° 57, dans LACURNE: Une foene doist estre enhantée en une lance, comme la hante d'un glaive
DU CANGE: « Colart feri Pierre d'une fuyne ou fourche à charger gerbes »
DU CANGE: « Pillet tenant une fouyne, autrement dit fourche fiere, en sa main »
    XVème siècle
DU CANGE: « Un baston nommé foyne, dont on a accoustumé de tuer poissons en eaue »

ÉTYMOLOGIE
    Latin, fuscina ( le i prend un accent bref), trident ; l'i n'étant pas accentué, on a eu fusne, d'où foene, . Scheler propose le latin fodina, de fodere, creuser, percer ; mais le sens n'est pas bon.


3ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 


Nom rural de taches qui se forment sur les feuilles de la vigne.
BONNET: « Ces taches ressemblaient beaucoup à celles qu'on voit si fréquemment sur les feuilles de la vigne qui ont souffert l'altération que les cultivateurs nomment ou brûlure »

ÉTYMOLOGIE
    Fouine 1, par comparaison avec le brillant de la peau de la .


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Espèce de martre, animal carnassier, de la grosseur d'un chat, qui étrangle les petits oiseaux, les poulets, les pigeons, etc. "La fiente de la sent le musc."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Un instrument de fer à deux ou trois fourchons, qu'on met au bout d'une perche, et qui sert à élever les gerbes sur le tas.
Il se dit encore d'Une espèce de trident propre à percer de gros poissons. "Prendre des thons, des dorades, des bonites à la ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Espèce de grosse belette, qui étrangle les petits oiseaux, les poulets, les pigeons, etc. "La fiente de sent le musc."
On appelle "Fouine," Un instrument de fer à deux ou trois fourchons, qu'on met au bout d'une perche, et qui sert à élever les gerbes sur le tas. C'est aussi Une espèce de trident propre à percer de gros poissons, quand ils dorment.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Espèce de grosse belette, qui étrangle les petits oiseaux, les poulets, les pigeons, &c. "La fiente de sent le muse."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Foui-ne", 2 syll. "e" muet.] Grosse belette. 'La fiente de "fouine" sent le musc.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Espece de grosse Belette, qui estrangle les petits oiseaux, les poulets, les pigeons &c. "La fiente de sent le musc".




Emplacement dans le dictionnaire :

fouille
fouillé
fouille-au-pot
fouille-merde
fouiller
fouillet
fouilleur
fouillis
fouillot

fouiner
fouineur
fouir
fouissement
fouisseur
fouisseurs
foulage
foulant
foulard
foule
foulé




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...qui pourrait donner lieu à la plus curieuse dissertation sémantique. Dans presque toutes les langues son nom est une antiphrase. C'est une bête fort redoutée des paysans, comme le renard, comme la fouine, dont elle est parente. Or, on l'appelle à l'envi la jolie, la belle, la douce ! Son nom français vient du vieux mot bele, du latin bella ; la belette, cela veut dire la petite belle. Les anglais la...


Citation n°2 de Eugène SUE (Atar-Gull)

...main au propriétaire de cet édifice ; mais celui-ci ne bougea, et se recula au contraire d'un air maussade, comme pour barrer sa porte. Figurez-vous un petit homme sec, grêle, qui ressemblait à une fouine, mais propre, mais soigné, mais tiré, comme on dit, à quatre épingles. Quand il ôta son chapeau de feutre, luisant de vétusté, on vit une petite perruque blonde minutieusement peignée : il portait...


Citation n°3 de Jules MICHELET (L'Oiseau)

...ont cela de commun, qu'ils arrivent sans faire aucun bruit. Le chat-huant vole d'une aile silencieuse, comme étoupée de ouate. La longue belette s'insinue au nid, sans frôler une feuille. La fouine ardente, altérée de sang chaud, est si rapide, qu'en un moment elle saigne et parents et petits, égorge la famille entière. Il semble que l'oiseau, quand il a des enfants, ait une seconde vue de ces...


Citation n°4 de BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (Harmonies de la nature : t. 2)

...être carnivore ou meurtrier pour braver les dangers et la mort ? Dans les animaux granivores ou herbivores, la caille, le coq, le taureau, le cheval, sont-ils moins forts et moins courageux que la fouine, le renard, le loup et le tigre, qui ne vivent que de carnage ? Ceux-ci, armés de dents tranchantes et de griffes, ne combattent que par ruses et par surprises, dans l'ombre des forêts ou les...


Citation n°5 de BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (Harmonies de la nature : t. 2)

...de la haine : le lâche appétit des cadavres dans le vautour, la ruse taciturne dans le renard, la trahison dans l'araignée, les cris alarmants de la terreur dans l'orfraie, la soif du sang dans la fouine, la férocité dans le tigre, la cruauté dans le loup, le despotisme furieux dans le lion. On verrait dans les serpents, les requins, les polypes marins aux longs bras armés de ventouses, et dans...


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